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L’alternance a deux contrats : apprentissage ou professionnalisation

Avatar de Salomé Pujol-Wittmann

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Le mot « alternance » recouvre deux contrats bien distincts, et confondre l’un avec l’autre conduit parfois à signer un cadre mal adapté à sa situation. Le contrat d’apprentissage et le contrat de professionnalisation partagent l’idée de former en travaillant, mais leurs règles diffèrent sur presque tous les points concrets.

Deux publics, deux logiques de formation

Le contrat d’apprentissage s’adresse d’abord à un public jeune, engagé dans une formation diplômante préparée en centre de formation d’apprentis (CFA), qu’il s’agisse d’un CAP, d’un bac professionnel ou d’un diplôme d’études supérieures. Le contrat de professionnalisation vise davantage une qualification reconnue par la branche professionnelle, avec un accès plus large à des publics en recherche d’emploi ou en reconversion, sans limite d’âge aussi stricte que pour l’apprentissage.

Cette différence de public explique en partie leur usage : l’apprentissage domine largement dans les parcours de formation initiale, la professionnalisation trouve davantage sa place dans les transitions professionnelles ou les retours vers l’emploi après une interruption. Le choix entre les deux dépend donc moins d’une préférence personnelle que du profil réel du candidat au moment de la signature.

Âge, durée et rémunération : des règles qui divergent

L’apprentissage cible en priorité les 16-29 ans, avec des dérogations possibles pour certains publics, tandis que la professionnalisation reste ouverte sans plafond d’âge strict pour les demandeurs d’emploi. La durée type de l’apprentissage suit le rythme du diplôme préparé, souvent un à trois ans, alors que la professionnalisation se conclut fréquemment sur des durées plus courtes, calées sur la qualification visée.

La rémunération se calcule dans les deux cas en pourcentage du SMIC, mais les grilles ne sont pas identiques : elles progressent selon l’âge et l’année d’exécution du contrat pour l’apprentissage, et selon l’âge et le niveau de qualification déjà acquis pour la professionnalisation. Dans les deux cas, le pourcentage exact figure sur le contrat signé avec l’employeur et le centre de formation, et il évolue à chaque anniversaire du contrat.

Aide à l’embauche, rupture et rôle du CFA

Une aide unique à l’embauche d’apprentis peut être versée à l’employeur pendant la première année du contrat, sous condition de taille d’entreprise et de niveau de diplôme visé : elle explique en partie pourquoi certains employeurs privilégient l’apprentissage à un stage classique ou à un CDD court. Ce soutien financier ne change rien aux droits du salarié en alternance, qui restent identiques quel que soit le montant perçu par l’employeur.

La rupture du contrat obéit à des règles précises selon le type choisi : période probatoire au démarrage, rupture d’un commun accord, ou rupture pour faute encadrée par le droit du travail applicable au contrat concerné. Le CFA, pour l’apprentissage, joue un rôle d’accompagnement en cas de difficulté avec l’employeur, ce que ne propose pas systématiquement l’organisme de formation dans une professionnalisation. Pour vérifier les règles précises de rupture ou de rémunération applicables à un contrat donné, les fiches pratiques de service-public.fr détaillent chaque cas selon l’âge et la situation du salarié.

Lequel choisir selon sa situation de départ

Un jeune encore engagé dans un cursus scolaire ou universitaire s’oriente presque naturellement vers l’apprentissage, puisque le CFA organise l’alternance en cohérence avec le calendrier du diplôme visé et que l’employeur s’engage sur cette même durée. La professionnalisation devient pertinente lorsque l’objectif n’est plus un diplôme mais une qualification professionnelle reconnue, souvent après une première expérience, une période de chômage ou un changement de secteur volontaire.

Le statut de l’alternant reste, dans les deux cas, celui d’un salarié à part entière : mêmes cotisations sociales sur la part soumise, mêmes droits aux congés payés, même protection en matière d’accident du travail. Ce point rassure souvent les familles qui hésitent entre un stage classique, moins protecteur, et un contrat en alternance qui ouvre des droits identiques à ceux de n’importe quel contrat de travail, apprentissage comme professionnalisation.

Au-delà du contrat lui-même, ce choix pèse aussi sur le budget mensuel de l’alternant, notamment pour le logement et les frais du quotidien, deux postes qui varient sensiblement selon le niveau de rémunération perçu chaque mois.


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