Campus & Carrières

Du premier CV au premier bureau

Le stage en entreprise : convention, gratification et durée maximale

Avatar de Lorenzo Baudouin-Ferry

·

4 min de lecture

Un stage en entreprise ne se négocie pas comme un job d’été : la loi encadre sa durée, sa gratification et les documents qui doivent obligatoirement l’accompagner, avec des règles identiques pour toutes les entreprises qui accueillent un stagiaire.

La convention tripartite, document obligatoire avant toute chose

Aucun stage ne peut légalement démarrer sans une convention tripartite, signée par l’étudiant, l’établissement d’enseignement et l’entreprise d’accueil. Ce document fixe les missions confiées, les dates précises du stage, l’encadrement prévu côté entreprise comme côté établissement, et le montant de la gratification lorsqu’elle est due. Sans cette convention, l’accueil du stagiaire est irrégulier, quelle que soit la bonne foi affichée par les deux parties.

La convention prévoit aussi les modalités de rupture anticipée, à l’initiative de l’étudiant comme de l’entreprise, ainsi que les conditions dans lesquelles l’établissement peut intervenir en cas de difficulté rencontrée pendant le stage. Ce cadre protège autant l’entreprise, qui sécurise l’accueil d’un stagiaire non salarié, que l’étudiant, qui dispose d’un interlocuteur clairement identifié en cas de désaccord.

Une gratification obligatoire au-delà de deux mois

La gratification devient obligatoire dès que le stage dépasse deux mois, consécutifs ou non, au cours de la même année d’enseignement. Son montant minimal est fixé par un taux horaire de référence, revalorisé périodiquement, et elle n’a pas le statut d’un salaire : elle échappe notamment à certaines cotisations sociales tant qu’elle reste dans les limites fixées par la réglementation en vigueur.

En dessous de deux mois, l’entreprise n’a pas d’obligation de gratification, même si rien ne l’empêche d’en verser une par choix. Ce seuil de deux mois s’apprécie sur la présence effective du stagiaire, ce qui signifie que des interruptions ne remettent pas nécessairement en cause le calcul si la durée cumulée franchit ce seuil.

Une durée plafonnée à six mois, et des droits qui l’accompagnent

La durée d’un stage, chez un même employeur et pour un même étudiant, ne peut dépasser six mois par année d’enseignement, sauf exceptions limitées prévues par les textes. Ce plafond vise à éviter qu’un stage ne se substitue durablement à un emploi salarié, en particulier sur des missions qui pourraient être confiées à un poste permanent.

Ce que change un stage par rapport à un contrat de travail

Le stagiaire n’est pas un salarié : il reste avant tout un étudiant en formation, et sa présence en entreprise doit rester adossée à un objectif pédagogique clairement identifié dans la convention. Cette différence de statut explique pourquoi le stage ne peut ni remplacer un poste vacant, ni être utilisé pour faire face à un accroissement temporaire d’activité qui relèverait normalement d’un contrat à durée déterminée classique.

En pratique, cette frontière reste parfois floue lorsque les missions confiées ressemblent fortement à celles d’un poste salarié à part entière. Un étudiant qui se retrouve seul responsable d’une mission sans encadrement réel, ou dont les horaires copient exactement ceux d’un salarié permanent, a intérêt à en parler avec le référent de son établissement, qui peut intervenir auprès de l’entreprise pour rééquilibrer la situation.

Au-delà de la gratification, le stagiaire bénéficie de droits comparables à ceux d’un salarié sur plusieurs points : accès au restaurant d’entreprise ou titres-restaurant dans les mêmes conditions, prise en charge des frais de transport, congés en cas de grossesse ou d’événements familiaux. Les modalités précises de ces droits, ainsi que les recours possibles en cas de non-respect de la convention, sont détaillées sur service-public.fr. Une fois le stage achevé, la question du passage au statut de salarié et de sa première fiche de paie se pose souvent dans la foulée.


Avatar de Lorenzo Baudouin-Ferry

À lire aussi